Activités atout-faune
Objectifs
Les élèves devraient pouvoir
- décrire certaines conséquences de l'urbanisation de sites
naturels pour les plantes et les animaux qui y vivaient
auparavant,
- évaluer l'importance de l'habitat pour les animaux sauvages,
- comprendre que la destruction de cet habitat est considérée
comme le plus grave problème actuel de la faune.
Contexte
Tout autour de nous et partout dans le monde, la faune perd
du terrain. Chaque fois qu'un terrain est asphalté pour la
construction d'un centre commercial, loti et creusé pour la
création d'une zone résidentielle et même parfois labouré
pour être mis en culture, de petits animaux perdent leur habitat
et souvent aussi leurs sources de nourriture et d'eau. C'est
ainsi que disparaissent ces petits animaux, et aussi les plus
gros pour qui ils constituaient une source d'alimentation
à l'intérieur de la chaîne alimentaire. Les animaux qui ne
peuvent tolérer l'intervention humaine peuvent aussi disparaître,
sans que la chaîne alimentaire soit directement touchée. (Reportez-vous
par exemple à « Serrés comme des sardines ».)
Les élèves peuvent observer ce phénomène près de chez eux
ou de leur école, ou du moins dans leur région. Cela se produit
partout dans le monde, qu'il s'agisse d'écosystèmes importants
ou restreints. On a, par exemple, asséché et remblayé de nombreuses
zones humides un peu partout, pour gagner du terrain pour
l'agriculture ou la construction. En remblayant, on fait disparaître
de nombreuses espèces d'oiseaux, de reptiles, d'amphibiens,
de crustacés et de nombreuses autres formes de vie, une végétation
très variée notamment. Les animaux vont parfois plus loin,
mais souvent ce n'est pas possible.
Certaines forêts tropicales sont devenues très vulnérables
ces dernières années. Les scientifiques estiment qu'elles
recèlent d'innombrables formes de vie végétale et animale
qu’on n’a pas encore recensées. Ce sont des sources d'une
importance inestimable pour la diversité biologique de la
Terre. En fait, les scientifiques font des mises en garde
: à mesure que ces creusets génétiques disparaissent, l'adaptabilité
et donc la capacité de survivre des plantes et des animaux
restant sur la Terre se restreint.
Cette activité a pour objectif principal de faire simuler
aux élèves quelques-unes des conséquences éventuelles de l'urbanisation
sur les animaux sauvages et leur habitat, de comprendre que
ce phénomène se produit partout dans le monde et que la destruction
du milieu est généralement considérée comme le problème le
plus grave de la faune, à l'heure actuelle.
Matériel nécessaire
Papier fort bleu et vert, pupitres, tables et chaises de
la classe, cinq ou six grands draps ou couvertures pour 25
élèves environ.
Marche à suivre
- Revoyez avec les élèves les éléments de l'habitat (nourriture,
eau, abri et espace dans la combinaison voulue). (Consultez
la rubrique « Éléments de l'habitat » de la liste des activités
par sujet.) Après vous être assuré, en discutant, que les
élèves ont bien enregistré ces éléments, dites-leur qu'ils
vont simuler des animaux sauvages dans leur habitat.
- Constituez quatre équipes : herbivores, carnivores, végétation
(arbres, buissons, herbe, etc.) et promoteurs. Si les élèves
ne connaissent pas bien les termes « herbivore » et « carnivore
» , donnez-leur une définition pratique. (Un herbivore est
un animal qui se nourrit de plantes, un carnivore de viande
et un omnivore des deux, mais ce dernier terme n'est pas
nécessaire pour cette activité.) Prévoyez trois fois plus
d'herbivores que de carnivores, et un nombre restreint de
promoteurs par rapport aux deux autres groupes. La quantité
de végétaux peut varier. On peut par exemple avoir deux
promoteurs, trois carnivores, neuf herbivores et six arbres.
- Prévoyez un grand espace – en classe en déplaçant sur
le côté tables, chaises et pupitres, ou à l'extérieur –
qui figurera le milieu habité par les animaux sauvages.
Les « promoteurs » restent de côté pour l'instant et ne
font qu'observer le terrain ainsi que la faune et la flore
qui l'habitent – ou se réunissent entre eux, près de là,
pour parler du chantier. Ils peuvent arriver assez brusquement,
une fois que la faune et la flore sont en place – simulant
ainsi l'arrivée des gros engins de chantier.
- Donnez à chaque « herbivore » :
- deux pupitres ou deux chaises ( ou encore des bouts
de ficelle ou des cerceaux) qui leur serviront d'«abri
»,
- trois morceaux de papier fort vert, pour simuler la
nourriture,
- un morceau de papier fort bleu, pour simuler l'eau,
- quelques-uns des végétaux représentés par les élèves.
Donnez à chaque « carnivore » :
- un pupitre ou une chaise en guise de « tanière » (ou
encore un bout de ficelle ou un cerceau de hula-hoop),
- l'espace correspondant à celui qu'occuperaient trois
herbivores,
- trois herbivores comme source d'alimentation éventuelle,
- un morceau de papier fort bleu, pour l'eau,
- quelques-uns des végétaux représentés par les élèves.
- Demandez aux « herbivores » de disposer la nourriture,
l'eau et l'abri – y compris les élèves qui représentent
les végétaux – dans un espace qui figurera leur habitat.
Lorsque les herbivores se sont installés dans leur habitat,
faites entrer les « carnivores » qui placent leur tanière
et leur source d'eau, tout en gardant l’œil sur les herbivores.
Pour rendre la chose plus intéressante, proposez aux élèves
de choisir un animal particulier à représenter en imitant
son comportement. (Cette étape doit prendre dix minutes
environ. Les promoteurs font des projets pendant que les
herbivores et les carnivores installent leur habitat.)
- Une fois que tous les animaux sont en place dans leur
habitat, les promoteurs peuvent arriver. Ils ont eu l'autorisation
de construire des logements et une zone commerciale. (Ils
ont de trois à sept minutes pour la construction; ils expliquent
ce qu'ils font au fur et à mesure.) L'espace qu'ils peuvent
utiliser est limité. Ils ont droit à l'équivalent de l'espace
occupé par trois herbivores. Les promoteurs peuvent utiliser
les draps et les couvertures pour leur chantier. Ils peuvent
arracher des arbres (en l'occurrence des élèves, sans les
blesser), supprimer des abris, de la nourriture et des sources
d'eau.
- Une fois le chantier terminé, discutez avec tous les
élèves de ce qui s'est passé. Qu'a-t-on fait ? Quelles en
ont été les conséquences ? Cela pourrait-il entraîner ou
a-t-il provoqué la mort d'animaux ? Pourquoi ? Les promoteurs
auraient-ils pu faire les choses différemment pour l'éviter
? Auraient-ils pu construire plusieurs petits îlots de logements
au lieu d'un seul grand, et vice-versa ? Quelles conséquences
cela aurait-il eu ? En construisant dans un autre secteur
de l'habitat, aurait-on restreint les effets négatifs pour
la faune et la flore ? Cela aurait-il même eu des effets
positifs ? Lesquels ? Comment cela aurait-il pu se faire
? Demandez aux élèves de chercher ce qui, dans l'activité,
semblait réaliste et ce qui ne le paraissait pas. Discutez-en.
Dans quelques cas, les constructions peuvent être favorables
à certaines formes de vie sauvage, mais il s'agit souvent
d'espèces différentes de celles qui étaient là avant le
chantier (moineaux, pigeons, par exemple). Les promoteurs
ajoutent parfois de la végétation dans un secteur, créant
ainsi de nouveaux abris et de nouvelles sources d'alimentation
pour certains animaux, et des sources d'eau dans certaines
conditions, lorsqu'il n'y a pas suffisamment d'eau dans
le secteur.
- Demandez aux élèves de résumer les conséquences que peuvent
avoir pour la vie sauvage certaines réalisations humaines,
comme l'urbanisation de sites naturels. Y a-t-il dans leur
quartier des exemples de destruction de sites naturels du
fait de constructions ? Inversement, y a-t-il des exemples
de constructions ayant favorisé la vie sauvage ? Y a-t-il
d'autres possibilités, le cas échéant, que de construire
dans des zones laissées préalablement à l'état naturel ?
Quelles autres solutions existent ? On pourrait, par exemple,
construire sur des terrains vagues, situés dans des agglomérations
existantes, avant d'envahir des sites naturels qui sont
à l'extérieur. Si l'aménagement a lieu, que peut-on faire
pour en réduire les effets négatifs pour la faune et la
flore et les autres éléments de l'environnement ? Quelles
pourraient en être les conséquences financières, sociales,
écologiques, esthétiques ou autres ?
Parlez de la destruction du milieu comme d'un phénomène qui
touche la vie sauvage sur toute la surface du globe. Demandez
aux élèves de résumer l'importance d'un habitat approprié
pour les animaux. Discutez des préoccupations et des recommandations
des élèves.
Autres possibilités
- Faire cet exercice deux fois pour que les élèves puissent
échanger les rôles. Lorsque les animaux du premier exercice
deviennent les promoteurs, ils peuvent tenter de trouver
un projet qui puisse profiter aux habitants et à la vie
sauvage de la région, à certains égards. On peut aussi tirer
parti de l'exercice pour montrer les différences qu'il y
a entre aménager toute la zone – entraînant la disparition
de toute vie sauvage dans le secteur – et bâtir une partie
seulement – permettant à certaines espèces de survivre.
- Demandez aux élèves de compléter la phrase suivante,
puis de discuter de leur réponse « Si je devais construire
une maison pour ma famille dans une zone préalablement laissée
à l'état sauvage, je....»
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