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Activités atout-faune

 

Cerf, cerf, est-tu là ?

Objectifs

Les élèves devraient pouvoir :
  • reconnaître que nourriture, eau et abri sont les éléments essentiels du milieu,
  • décrire l'importance d'un habitat de qualité pour les animaux,
  • définir les « facteurs limitants » et donner des exemples,
  • reconnaître qu'une certaine fluctuation dans les populations d'animaux sauvages est naturelle, étant donné que les écosystèmes sont en évolution permanente.

Activités

Les élèves deviennent des cerfs et des éléments du milieu, dans le cadre d'une activité physique très prenante.

Contexte

Divers facteurs conditionnent la capacité de la faune à se reproduire et à maintenir son niveau démographique à long terme. Parmi ces facteurs, citons la maladie, les rapports prédateurs/proies, l'effet des conditions météorologiques selon les saisons (gels précoces, fortes chutes de neige, inondations, sécheresse, etc.), les accidents, la pollution, la dégradation et la destruction de l'environnement.

Certains facteurs limitants d'origine naturelle ou culturelle empêchent les populations d'animaux sauvages de se reproduire en dépassant les possibilités de leur habitat. Si ces facteurs sont trop importants, cependant, des espèces entières d'animaux sont menacées, en danger ou disparaissent.

Les besoins vitaux fondamentaux, pour les animaux, sont la nourriture, l'eau, l'abri et l'espace, dans une combinaison convenable. À défaut de ces éléments essentiels, les animaux ne peuvent survivre.

Cette activité a pour but de faire comprendre aux élèves ;

  • qu'un habitat de qualité est la clé de la survie des animaux sauvages,
  • qu'une population s'accroît constamment jusqu'à ce que des facteurs limitants interviennent,
  • que les facteurs limitants contribuent aux fluctuations des populations d'animaux sauvages,
  • que la nature n'est jamais en équilibre, mais en évolution constante.

Les populations d'animaux sauvages ne sont pas statiques. Elles fluctuent en permanence sous l'influence de divers facteurs stimulants ou limitants. On a tendance à considérer les facteurs limitants comme. s'appliquant à une seule espèce à la fois, mais ils peuvent en toucher plusieurs. Les facteurs limitants naturels ou assimilables à ceux qui s'exercent dans les systèmes naturels ont tendance à maintenir les populations à des niveaux prévisibles. Cette sorte d'« équilibre naturel » n'est pas statique, mais présente des oscillations. Certaines espèces ont des fluctuations ou un cycle annuel. Les colins, par exemple, avec une population de 100 couples au début du printemps, peuvent se retrouver 1 200 à la fin du printemps, puis connaître une baisse progressive pour revenir à 100 couples l'hiver suivant. Ce cycle semble dépendre totalement des éléments de l'habitat (nourriture, eau, abri et espace), qui sont aussi des facteurs limitants. Ces éléments du milieu sont les plus importants, et donc les plus critiques, des facteurs limitants dans la plupart des environnements naturels.

Cette activité se veut un moyen simple mais puissant d'inculquer quelques notions de base aux élèves; tout est lié dans les systèmes naturels; les populations d'une espèce sont constamment sous l'influence des éléments de leur environnement et les populations d'animaux ne sont pas statiques dans le temps, mais évoluent en permanence pour conserver un équilibre dynamique au sein de systèmes naturels.

Cette activité a pour principal objectif de faire comprendre aux élèves l'importance de l'habitat et des facteurs touchant les populations d'animaux sauvages, au sein d'écosystèmes en évolution constante.

Matériel nécessaire

Un endroit, situé à l'intérieur ou à l'extérieur, assez grand pour que les enfants puissent courir, un terrain de jeux par exemple, un tableau mural ou un tableau-papier, de quoi écrire.

Marche à suivre

  1. Commencez par dire aux enfants qu'ils vont participer à une activité portant sur ce qui est essentiel pour la survie des animaux. Revoyez avec eux les éléments essentiels de leur habitat : nourriture, eau, abri et espace, dans une combinaison appropriée. Cette activité est axée sur trois de ces éléments : nourriture, eau et abri, mais il ne faut pas en négliger pour autant l'espace, vital pour les animaux, ni la combinaison de tous les éléments, essentielle à leur survie.
  2. Demandez à vos élèves de se numéroter de 1 à 4. Les « 1 » vont dans un coin, et les « 2 », « 3 » et « 4 » dans un autre. Tracez sur le sol deux lignes parallèles séparées de 9 à 18 mètres. Les « 1 » se placent derrière une ligne, tous les autres enfants derrière l'autre.
  3. Les « 1 » sont des cerfs. Tous les cerfs ont besoin d'un habitat convenable pour survivre. Demandez aux enfants d'énumérer encore une fois les éléments essentiels d'un habitat : nourriture, eau, abri et espace, dans une combinaison appropriée. On suppose, ici, que les cerfs disposent d'un espace suffisant pour vivre. L'activité est axée sur la nourriture, l'eau et l'abri. Les cerfs, c'est-à-dire les « 1 », doivent trouver nourriture, eau et abri pour survivre. Lorsqu'un cerf est à la recherche de nourriture, il pose ses mains sur son ventre. Lorsqu'il est à la recherche d'eau, il les porte à sa bouche. Lorsqu'il est à la recherche d'un abri, il les tient au-dessus de sa tête. Un cerf peut chercher à satisfaire l'un quelconque de ses besoins au cours de chaque phase de l'activité, mais il ne peut changer d'élément en cours de phase, lorsqu'il voit, par exemple, quels éléments sont disponibles. Il peut changer d'élément pour la phase suivante, s'il a survécu.
  4. Les « 2 », les « 3 » et les « 4 » sont les éléments de l'habitat; nourriture, eau et abri. Chaque élève choisit, en début de phase, l'élément qu'il va personnifier au cours de cette phase. Les enfants représentent l'élément qu'ils personnifient de la même façon que les cerfs montrent ce qu'ils cherchent : mains sur le ventre, sur la bouche, au-dessus de la tête.
  5. Au début du jeu, chaque joueur se trouve derrière sa ligne (les cerfs d'un côté, les éléments de l'habitat de l'autre) et tourne le dos à ceux d'en face.
  6. L'enseignant-e lance la première phase en demandant à tous les enfants de montrer leur signe : chaque cerf montre ce qu'il cherche et chaque élément ce qu'il représente. Accordez aux enfants quelques instants pour mettre leurs mains sur leur ventre, sur leur bouche ou au-dessus de leur tête. Les deux groupes doivent normalement offrir une grande variété d'éléments. En cours de jeu, il peut arriver que les enfants se consultent pour faire le même signe. Laissez passer, mais n'encouragez pas cette tendance. Tous les enfants de l'habitat vont, par exemple, décider de représenter l'abri, ce qui peut vouloir signifier une année de sécheresse, avec pénurie de nourriture et d'eau.
  7. Lorsque les enfants sont prêts, comptez « un, deux, trois ». À trois, les cerfs et les éléments de l'habitat se retournent pour se faire face en montrant distinctement leurs signes.
  8. Lorsque les cerfs voient l'élément de leur habitat dont ils ont besoin, ils courent dans sa direction. Chaque cerf doit faire le signe de ce qu'il cherche, jusqu'à ce qu'il ait atteint un élève faisant le même signe que lui. À ce moment-là, il le ramène derrière la ligne des cerfs, indiquant ainsi qu'il a réussi à satisfaire ce besoin. Tout cerf, qui ne réussit pas à trouver la nourriture, l'eau ou l'abri qu'il lui faut, meurt et se joint aux éléments de l'habitat. À la 2e phase, les cerfs qui sont morts font partie de l'habitat et représentent eau, nourriture ou abri.

REMARQUE : lorsque plusieurs cerfs visent un même élément de l'habitat, c'est celui qui l'atteint le premier qui survit. Les éléments restent sur leur ligne jusqu'à ce qu'un cerf les touche. Si aucun cerf n'a besoin d'un certain élément de l'habitat au cours d'une phase, cet élément reste à sa place, mais il peut, pour la phase suivante, devenir un autre élément s'il le veut.

  1. L'enseignant-e compte le nombre de cerfs au début du jeu, puis à la fin de chaque phase. Laissez le jeu se dérouler une quinzaine de fois. Gardez un rythme soutenu et les enfants vont bien s'amuser.
  2. À la fin de la dernière phase, rassemblez les élèves pour discuter de l'activité. Faites-leur décrire ce qu'ils ont vu-et ressenti. Ils ont pu, par exemple, voir une petite harde de cerfs (7 élèves sur 28) subvenant amplement à leurs besoins au départ. Puis, la population de cerfs a pris de l'importance au cours des deux ou trois premières phases, jusqu'à ce que l'habitat s'épuise et qu'il n'y ait plus assez de nourriture, d'espace et d'abri pour tout le monde. À ce moment-là, certains cerfs sont morts de faim, de soif ou par manque d'abri et se sont transformés en éléments de l'habitat, ce qui arrive aussi dans la nature.
  3. Sur une feuille de tableau-papier, ou au tableau mural, réalisez un graphique à partir des chiffres notés au cours du jeu. Le nombre de cerfs présents au début du jeu et à la fin de chaque phase représente leur population au cours d'une série d'années : au début du jeu, c'est la première année, à la fin de la 1ère phase, la deuxième année, et ainsi de suite. Pour simplifier, on pourra placer les cerfs par cinq en ordonnée.

Par exemple :  Les enfants constateront ainsi visuellement ce qu'ils ont perçu au cours du jeu; la population de cerfs fluctue avec le temps. Il s'agit d'un processus naturel, tant que les facteurs limitants ne prennent pas une importance telle qu'ils empêchent les animaux de se reproduire. Les populations d'animaux sauvages ont tendance à augmenter, à atteindre un maximum, à décliner puis à se reconstituer de façon cyclique tant que leur habitat est convenable et que le nombre d'animaux suffit à en assurer la reproduction.

  1. Organisez une discussion et demandez aux enfants de résumer ce que cette activité leur a appris. De quoi les animaux ont-ils besoin pour survivre ? Quels sont les facteurs limitants qui s'opposent à leur survie ? Les populations d'animaux sauvages sont-elles statiques ou ont-elles tendance à fluctuer dans le cadre d'un « équilibre naturel » global ? La nature est-elle jamais réellement « en équilibre », ou bien les écosystèmes sont-ils entraînés dans un processus évolutif permanent ?

Autres possibilités

  1. Après avoir réalisé le graphique et en avoir discuté, demandez aux enfants s'ils ont entendu parler des trappeurs de la Compagnie de la baie d'Hùdson. En quelques mots, expliquez- leur qui ils étaient.

    Il y a un siècle ou plus qu'on recense leur activité. Les documents les concernant sont parfois intéressants. Ils parlent des peaux expédiées vers l'Europe, surtout les peaux de lièvres d'Amérique et de loups-cerviers.

    Des chercheurs ont constaté que les populations de lièvres d'Amérique atteignent un maximum tous les sept à neuf ans, et déclinent ensuite régulièrement.

    On a aussi constaté le même phénomène chez les populations de loups-cerviers, mais avec un décalage d'un an sur les lièvres.

    Tracez d'abord le graphique des lièvres, puis celui des loups-cerviers. Posez aux enfants les questions suivantes :

    • Quel animal est le prédateur ? Lequel est la proie ?
    • Est-ce que ce sont les prédateurs qui contrôlent les proies ou les proies qui contrôlent les prédateurs ? (Traditionnellement, on nous apprend que ce sont les prédateurs qui contrôlent les proies et nous constatons maintenant que ce n'est pas le cas. Le nombre de proies qui occupent une région détermine le nombre de prédateurs qui peuvent y subsister.)
    • Ceci vous rappelle-t-il le jeu des cerfs auquel nous venons de jouer ? Dans ce jeu, qui a le contrôle ? (Parfois les cerfs, lorsque leur population n'est pas trop importante, et parfois l'habitat, lorsque cette population prend trop d'ampleur et qu'elle détruit la nourriture et la couverture végétale. )
  1. Des recherches récentes donnent une nouvelle dimension à l'histoire des lièvres d'Amérique et des loups-cerviers.

    On a découvert que les lièvres se nourrissent essentiellement de saules de petite taille. Lorsqu'une population de lièvres s'accroît, les saules sont davantage sollicités. Mais lorsqu'ils ont été grignotés jusqu'à un certain point, ils secrètent une toxine qui empêche les lièvres de les manger plus avant. C'est à ce moment - là que la population de lièvres s'effondre, suivie un an après environ, de celle de loups - cerviers. Les saules, moins sollicités, peuvent alors se reprendre. La population de lièvres recommence aussi à s'accroître, suivie, environ un an plus tard, de celle de loups-cerviers. Et le cycle se reproduit sans cesse, tous les sept à neuf ans.

    Discutez de l' « équilibre de la nature » . S'agit-il même d'un « équilibre » ?

Volet aquatique

Abordez l'activité de la même façon, mais cette fois-ci, choisissez une espèce aquatique. Les caractéristiques essentielles de l'activité ne changent pas. Dans l'activité aquatique, au lieu de supposer que tout l'espace requis est présent, demandez aux élèves de prétendre qu'ils ont toute l'eau nécessaire à leur disposition. C'est l'espace, la nourriture et un abri qu'il leur faut trouver. Les mains posées sur le ventre représentent la nourriture, les mains unies en forme de toit au dessus de la tête représentent un abri, et les bras allongés de chaque côté du corps représentent l'espace. À part les deux modifications mentionnées, le déroulement de l'activité ne change pas. L'objectif de l'activité est le même, sauf que les trois éléments de l'habitat à personnifier sont désormais la nourriture, un abri et l'espace. Vous pouvez choisir comme espèce aquatique le saumon ou la grenouille, notamment.

Évaluation

  1. Nommez trois éléments essentiels de l'habitat.
  2. Définissez les « facteurs limitants » Donnez-en trois exemples.
  3. Étudiez le graphique ci-dessous. Quels facteurs ont provoqué les changements démographiques survenus :
    • entre la première et la deuxième année ?
    • entre la troisième et la quatrième année ?
    • entre la cinquième et la sixième année ?
    • entre la septième et la huitième année ?

 

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