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Activités atout-faune

 

À tire-d'aile !

Objectifs

Les élèves devraient pouvoir

  • énumérer les facteurs limitants qui influent sur les populations d'oiseaux aquatiques migrateurs,
  • prévoir l'effet de ces facteurs limitants,
  • décrire les effets de la diminution et de la dégradation des habitats sur les populations d'oiseaux aquatiques migrateurs,
  • faire des déductions sur l'importance d'un habitat convenable pour les oiseaux aquatiques migrateurs.

Activité

Les élèves jouent le rôle d'oiseaux aquatiques qui se déplacent entre leur lieu de nidification et leurs lieu d'hibernation et qui sont soumis à des risques aux deux endroits ainsi que pendant le trajet.

Contexte

La migration est un curieux sujet. Comment les oiseaux, les poissons, les mammifères et les insectes font-ils pour couvrir de telles distances avec une telle exactitude ? Certains se déplacent la nuit, d'autres le jour, certains dans les airs, d'autres dans les profondeurs de la mer. Et pourtant, ils arrivent à repérer les habitats nécessaires à la perpétuation de leur espèce. Les scientifiques croient qu'ils se guident sur les étoiles, le soleil, voire sur le champ magnétique de la terre. Certains animaux, comme le saumon, semblent se guider par leur odorat. Ce qui est toutefois plus probable, c'est que les espèces migratrices utilisent une combinaison de moyens pour se guider dans leurs déplacements.

Diverses espèces d'oiseaux aquatiques : migrateurs sont remarquables. Beaucoup d'entre eux - les canards, les oies, les cygnes, les grues, les hérons, les goélands, les sternes et les oiseaux de rivage, par exemple - ont besoin de terres humides à l'endroit où ils nichent ainsi qu'à l'endroit où ils passent l'hiver. Étant donné que ces deux emplacements sont souvent à des milliers de kilomètres de distance l'un de l'autre, ils ont aussi besoin de terres humides pour se nourrir et se reposer entre les deux.

Les populations de certaines espèces d'oiseaux aquatiques sont fort saines, tandis que d'autres espèces montrent des signes qui laissent entrevoir une diminution de leur population à long terme. Parmi les espèces dont les populations semblent bien implantées dans la plupart des régions, mentionnons : la bernache du Canada, le garrot à oeil d'or, le canard roux et la sarcelle à ailes vertes. Parmi les espèces dont les populations ont connu un certain déclin, mais qui sont en cours de récupération, mentionnons : le canard branchu, l'oie des neiges et le cygne siffleur. Parmi les espèces dont les populations semblent diminuer ou diminue effectivement, on compte : l'oie empereur, le butor d'Amérique, le canard pilet, le canard noir et le morillon à dos blanc. Au Canada, le pluvier siffleur et la grue blanche d'Amérique font partie des espèces menacées de disparition.

Les principales menaces à la survie des oiseaux aquatiques migrateurs sont la disparition et la dégradation des terres humides. À défaut de ces milieux, des dizaines d'espèces de canards, d'oies, de cygnes et d'autres oiseaux aquatiques risquent de perdre l'habitat nécessaire à leur survie. De nombreux organismes fédéraux, provinciaux, territoriaux et privés reconnaissent l'importance des terres humides pour la faune. Des millions d'hectares de terres humides ont été achetés et protégés en Amérique du Nord, afin de préserver et de restaurer l'habitat de la faune locale ainsi que les immenses voiliers d'oiseaux migrateurs qui parcourent des continents entiers pendant leur migration.

Il existe des traités internationaux et des lois nationales touchant les espèces migratrices, et notamment les oiseaux aquatiques. Au Canada, c'est le Service canadien de la faune, organisme qui relève d'Environnement Canada, qui est le principal responsable de la protection et de la gestion des oiseaux migrateurs. En ce qui concerne les autres animaux migrateurs et leurs habitats, les responsabilités sont partagées entre le gouvernement fédéral et les provinces et territoires.

Au 19e siècle, avant que des règlements ne soient adoptés, les chasseurs commerciaux profitaient du fait qu'un grand nombre d'oiseaux aquatiques se rassemblaient souvent à des endroits précis, le long des routes de migration, pour décimer les groupes.

Depuis toujours, les habitats humides, habituellement situés dans des plaines basses et fertiles, le long des cours d'eau, sont des terres très convoitées pour l'agriculture et les établissements humains. De nos jours, les oiseaux aquatiques survolent, lors de leurs migrations, des terres qui subissent de plus en plus l'influence de l'activité humaine. L'agriculture, l'aménagement et l'industrialisation contribuent tous à la réduction de la quantité de terres humides naturelles. La pollution, sous la forme d'insecticides et d'herbicides, prélève également leur part. On constate aussi des signes qui permettent de croire que les précipitations acides ont peut-être une incidence sur les populations d'insectes, phénomène qui influe à son tour sur les oiseaux qui se nourrissent précisément d'insectes. Les conditions naturelles influent également sur les oiseaux migrateurs. Les prédateurs, le climat, les maladies et les incendies ont une incidence à la fois sur les animaux et sur leur habitat.

Pour cette activité, nous avons choisi de simplifier la migration, pour qu'il soit possible de la simuler. C'est ainsi que nous avons évité d'accroître la complexité des liens entre les lieux de nidification et les lieux d'hibernation. En réalité, la plupart des risques courus par les oiseaux migrateurs surviennent justement pendant leur migration. Nous invitons l'enseignant-e à souligner ces risques pendant la discussion plutôt que pendant la simulation. Chaque élève ( en supposant que la classe en compte trente) représente des milliers, voire des dizaines de milliers d'oiseaux aquatiques. La simulation ne met donc pas l'accent sur les pertes attribuables à la prédation et à d'autres phénomènes d'une ampleur relativement faible qui surviennent pendant la migration.

Cette activité a pour principal objectif de faire ressentir aux élèves, d'une manière dynamique, certains des facteurs importants qui influent sur la survie des populations d'oiseaux aquatiques migrateurs.

Matériel nécessaire

Grand terrain de jeu ou gymnase, deux assiettes en carton par groupe de trois élèves (indiquez clairement le dessus et le dessous des assiettes).

Marche à suivre

  1. Choissez un grand terrain de jeu d'environ 20 mètres de longueur.  Placez les assiettes à deux endroits du terrain de jeu, de la façon indiquée ci-après.
    Veiller à ce qu'il y ait une assiette par groupe de trois élèves à chaque extrémité du terrain. L'une des extrémités sera le lieu d'hivernation, l'autre, le lieu de nidification. Cela signifie qu'il doit y avoir deux séries d'assiettes, une au lieu de nidification et une au lieu d'hivernation.
  2. Dites aux élèves qu'ils sont des oiseaux aquatiques et qu'à votre signal, ils vont devoir migrer d'un endroit à l'autre. Dites-Ieur que les assiettes représentent des « terres humides » , qui constituent un habitat propice aux oiseaux aquatiques. À la fin de chaque voyage, les élèves devront avoir un pied sur l'assiette de papier pour être autorisés à continuer. S'ils ne réussissent pas 1 poser le pied sur une assiette, cela signifiera qu'ils n'ont pas trouvé d'habitat convenable. Ils « mourront » et devront - du moins temporairement - quitter le terrain et observer I, déroulement de la simulation. Au cours de leur migration, les élèves peuvent « battre des ailes », en agitant les bras comme s'ils étaient des oiseaux en vol.
  3. Précisez aux élèves que de nombreux facteurs vont limiter la survie des oiseaux migrateurs. Certains de ces facteurs concernent la modification des lieux de nidification et d'hivernation. Parfois la nourriture, l'eau, l'abri et l'espace sont abondants et se combinent d'une façon qui satisfait aux besoins des oiseaux. D'autres fois, l'habitat subit des contraintes, de nombreux facteurs venant limiter les possibilités de survie. Il arrive aussi que l'aire disponible soit réduite. Dites aux élèves qu'au cours de cette activité, seuls trois oiseaux pourront habiter un « refuge » (assiette en carton) en même temps.
  4. Pour commencer, les élèves se rassemblent au lieu d'hivernation. Annoncez le départ de la première migration. Demandez aux élèves de se déplacer lentement jusqu'à ce qu'ils se soient familiarisés avec la démarche, après quoi ils pourront accélérer le rythme. Au premier essai, tous les oiseaux réussiront à se rendre à l'aire de nidification.
  5. Précisez que la superficie de l'habitat disponible n'a pas diminué et que l'on s'attend à une saison de nidification fructueuse.
  6. Avant que les élèves ne migrent vers le lieu d'hivernation, placez-y une assiette à l'envers. Précisez qu'une grande superficie de terres humides y a été asséchée et utilisée à des fins agricoles. Donnez une nouvelle fois le signal de la migration vers les lieux d'hivernation. Demandez aux trois élèves qui ne trouveront pas de place de demeurer le long du terrain. Dites aux élèves que ces trois oiseaux sont morts en raison de la diminution de l'habitat. Rappelez aux « oiseaux morts » qu'ils vont pouvoir participer à l'activité à nouveau. Ils pourront revenir sous la forme d'oisillons lorsqu'il y aura des conditions favorables et suffisamment d'habitats propices dans l'aire de nidification.

NOTA : les cycles de migration peuvent être illustrés sous une forme graphique, de la façon indiquée ci-dessous. Beaucoup d'enseignant(e)s ont opté pour cette façon de consigner les cycles.

  1. Avant le début de la migration suivante vers la zone de nidification, retournez quatre assiettes dans cette partie du terrain, ce qui représente une catastrophe. Dites aux élèves que cette perte résulte d'un déversement de pétrole dans la rivière située à proximité, ayant causé de graves dommages à l'habitat riverain.

REMARQUE : il en résulte qu'un grand nombre d'élèves attendent sur les côtés de pouvoir revenir dans la zone de nidification. Donnez-leur la possibilité de revenir avant qu'un grand nombre d'autres cycles n'aient eu lieu. Donnez chaque fois aux élèves des exemples de modification des conditions grâce auxquelles ils auraient pu survivre. Deux élèves peuvent être désignés comme moniteurs permanents chargés de retourner les assiettes conformément à vos instructions.

  1. Répétez le cycle de migration de huit à dix fois afin d'illustrer les effets qu'une modification des habitats peut avoir sur les oiseaux. Donnez des exemples de facteurs pouvant avoir une influence sur la survie des oiseaux. (Voir les suggestions formulées dans le tableau ci-dessous.)
    Les facteurs limitants constituent un élément naturel et dynamique de tout environnement. Il en est de même des facteurs qui favorisent la survie. En ce qui concerne la survie des populations d'oiseaux aquatiques migrateurs, toutefois, il semble que le principal facteur limitant soit la diminution ou la dégradation de vastes superficies d'habitats convenables, surtout par suite d'interventions humaines, comme l'assèchement des terres humides, la destruction du couvert de nidification et la pollution des réserves d'eau.
    N'oubliez pas de prévoir une ou deux années « catastrophiques » afin d'illustrer les dommages engendrés par la perte de grandes superficies d'habitat disponible. Rappelez-vous que, globalement, la superficie des habitats propices aux oiseaux aquatiques migrateurs va en diminuant - à la fin de l'activité, il doit y avoir  une moins grande quantité d'habitats pour l'ensemble des oiseaux. De l'aveu général, les plus grandes menaces à long terme à la survie des populations d'oiseaux aquatiques migrateurs sont la diminution et la dégradation des habitats.
  2. Au moment de la discussion, demandez aux élèves de déterminer les causes apparentes du déclin de la population d'oiseaux d'année en année. Demandez-leur d'essayer d'imaginer quels semblent être les principaux facteurs à l'origine de la diminution et de la dégradation des habitats. Demandez-leur de prévoir les effets de ces facteurs. Faites la distinction entre effets à court terme et effets à long terme, ainsi qu'entre effets catastrophiques et changements progressifs. Demandez aux élèves d'appuyer leurs hypothèses par des preuves, quitte à effectuer une recherche pour obtenir des renseignements supplémentaires.

 

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