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Activités atout-faune

 

Aller et retour

Objectifs

Les élèves devraient pouvoir

  • constater que certaines espèces de poisson migrent pendant leur cycle de vie,
  • inventorier les stades du cycle de vie d'une espèce de poisson,
  • décrire les facteurs limitants ayant une incidence sur le cycle de vie du saumon du Pacifique,
  • en venir à la conclusion générale que tous les animaux subissent l'influence de facteurs limitants.

Activité

Les élèves simulent le comportement des saumons du Pacifique et les risques auxquels ils sont exposés, au moyen d'une activité illustrant le cycle de vie de ces poissons.

Contexte

Un grand nombre d'espèces de poissons passent une partie de leur vie dans un habitat, puis migrent vers un autre. Chez certaines espèces, la migration est liée à la maturité et à la reproduction. Les saumons du Pacifique sont des plus spectaculaires à cet égard. On compte en Amérique du Nord cinq espèces de saumons du Pacifique : le saumon quinnat, le saumon coho, le saumon rose, le saumon rouge et le saumon keta.

Les saumons du Pacifique ne se reproduisent qu'une seule fois au cours de leur vie. Ils ont, de par leur fibre génétique, un instinct qui les fait entreprendre, à partir du moment de leur éclosion, un formidable voyage qui les mène depuis leurs frayères, situées en eaux douces, jusqu'à la mer. Une fois parvenus à l'océan, ils y passent plusieurs années, atteignant la maturité nécessaire pour leur unique voyage de retour à leur lieu d'éclosion. Là, le saumon fraie et meurt. Le saumon est confronté à une multitude de risques qui constituent autant de facteurs limitant son cycle de vie. Les facteurs limitants sont des facteurs qui ont pour effet de réduire les populations d'organismes vivants. Parfois les facteurs limitans sont d'ordre naturel, parfois ils résultent de l'intervention humaine sur les systèmes naturels.

Une femelle de saumon du Pacifique pond de 1 500 à 7 000 oeufs lors du frai, qui a lieu en eau douce. Les oeufs sont déposés dans une petite cavité de gravier déblayée par la femelle elle - même. Une fois déposés, les oeufs sont fertilisés par le mâle, après quoi le mâle et la femelle recouvrent les oeufs de gravier, afin de leur offrir la meilleure protection possible. Au bout de quelques jours, leur reproduction terminée, le mâle et la femelle meurent tous les deux.

Avant et après l'éclosion, les oeufs sont soumis à un grand nombre de facteurs limitants. Il peut y avoir accumulation de sédiments provenant de bassins hydrographiques endommagés par suite de diverses utilisations ou de divers phénomènes (telle que l'érosion consécutive à l'aménagement d'une route, à l'exploitation forestière ou à des incendies.)  Il peut arriver également que des prédateurs dévorent une certaine quantité d'œufs et endommagent les frayères. Il se peut aussi qu'à la suite d'une baisse du niveau de l'eau, les petits saumons demeurent coincés dans des dépressions situées en bordure des cours d'eau et meurent. Une fois éclos, les petits poissons - appelés alevins - passent les deux premières semaines de leur vie cachés dans le gravier. Petit à petit, ils absorbent leur sac vitellin et deviennent des tacons. S'ils survivent à ces deux premières semaines, ils peuvent entreprendre leur périple. Certains se dirigent directement vers la mer.

Selon l'espèce à laquelle ils appartiennent, les jeunes saumons peuvent passer de quelques mois à un an, voire davantage, dans la rivière, avant de se diriger vers l'estuaire, puis dans l'océan.

Les petits saumons en route vers la mer, maintenant appelés « saumoneaux », sont immédiatement confrontés aux risques inhérents à leur voyage, qu'il s'agisse de barrages, du faible niveau d'eau, des oiseaux de proie, des mammifères et des gros poissons. Jusqu'à 90 pour 100 des poissons qui éclosent n'atteignent jamais lamer.

Une fois dans l'océan, les saumons croissent rapidement, grâce à l'abondance de nourriture. Les prédateurs, comme les requins, les épaulards et les autres mammifères marins prennent leur tribut. De plus, les humains se livrent à la pêche commerciale et sportive du saumon.

Dans un délai qui varie de deux à cinq ans, les saumons du Pacifique entreprennent le voyage qui les reconduira, via les rivières et les ruisseaux, jusqu'au lieu où ils ont éclos. Cette remontée n'est pas sans comporter elle aussi de nombreux risques. Ainsi, les barrages entravent leur remonte et la bloqueraient complètement, s'il n'y avait des passes migratoires. Les passes migratoires sont des escaliers remplis d'eau qui permettent aux poissons de remonter le courant lors de leur migration et de contourner les barrages. Les pêcheurs, les balbuzards, les ours et les autres mammifères prédateurs réduisent aussi le nombre d'individus en route vers la frayère. Il peut également arriver que des glissements de terrain ou l'amoncellement de billots forment des barrières inattendues.  Il en va de même des chutes et des rapides, que les saumons, devenus beaucoup plus lourds, doivent remonter.  À la frayère, le cycle de vie du saumon pacifique recommence.  Certains biologistes estiment qu'il suffit qu'un seul couple retourne déposer et fertiliser des œufs à la frayère pour que la populations de saumons du Pacifique assure sa survie.

Marche à suivre

  1. Commencez par demander aux élèves ce qu'ils connaissent du cycle de vie des poissons que l'on retrouve dans leur région. Y a-t-il des poissons de la région qui migrent pour frayer ? Dans l'affirmative, lesquels ? (L'esturgeon noir, l'alose, l'omble, le bar rayé, le gaspareau, l'anguille et le saumon constituent des exemples de poissons qui migrent pour frayer.) Au cours de cette activité, les élèves découvriront certaines des caractéristiques d'une espèce de poisson qui migre au cours de son cycle de vie, soit le saumon du Pacifique.
  2. Il s'agit d'une activité exigeante sur le plan physique ! Constituez un terrain de jeu conforme au schéma, avec les frayères, l'amont, l'aval et l'océan. La superficie du terrain doit être d'environ 35-40 mètres sur 20-25 mètres.  Attribuez un rôle à chacun des élèves. Certains seront des saumons, d'autres, des risques potentiels pour le saumon. Répartissez les rôles de la façon suivante :
    • Choisissez deux élèves qui seront la turbine. Ils devront faire tourner la corde à danser, qui représente les turbines des barrages hydroélectriques. Plus tard au cours de la simulation, lorsque tous les saumons auront franchi la turbine pour se diriger en aval, ces élèves iront se placer en amont, où ils seront chargés de surveiller le saut des chutes ( voir le schéma).
    • Choisissez deux élèves qui représenteront des prédateurs. Au début de la simulation, les prédateurs seront placés sous les turbines, où ils attraperont les saumons se dirigeant en aval. Plus tard, lorsque tous les saumons seront parvenus à la mer, ces deux mêmes prédateurs patrouilleront la zone située au-dessus du saut des chutes. Ils y attraperont les saumons juste avant qu'ils n'atteignent les frayères (voir le schéma).
    • Désignez deux élèves qui seront des humains dans des bateaux de pêche, en train de pêcher le saumon dans la mer. Les élèves qui seront dans le bateau de pêche devront garder un pied dans une boîte de carton afin de réduire leur vitesse et leur manœuvrabilité.
    • Tous les autres élèves sont des saumons.

REMARQUE : ces chiffres sont fonction d'une classe de 25 à 30 élèves. Si votre classe compte plus ou moins d'élèves, modifiez le nombre de pêcheurs et de prédateurs en conséquence.

  1. Lorsque l'activité débute, tous les saumons sont dans la frayère. Commence alors leur voyage vers l'océan. Les turbines du barrage constituent le premier risque important. La plupart des barrages sont dotés de câbles qui guident les saumons au-delà des turbines. Les élèves qui jouent le rôle de saumons ne peuvent pas contourner les élèves qui font tourner la corde à danser, mais ils peuvent passer sous leurs bras, à la condition de ne pas se faire toucher. Un saumon meurt s'il est frappé par la turbine {corde à danser). Les opérateurs de la turbine peuvent modifier la vitesse de rotation de la corde.

 REMARQUE : lorsqu'un saumon meurt, il devient immédiatement un élément de la passe migratoire. L'élève n'est plus un poisson, mais il devient un élément de la structure des passes migratoires, de fabrication humaine, que les saumons empruntent aujourd'hui pour franchir des obstacles comme les barrages. Les élèves qui forment la passe migratoire s'accroupissent de la façon indiquée ci-après, en laissant entre eux un espace équivalent à la largeur d'un corps.

  1. Après avoir franchi les turbines, les saumons doivent échapper à certains prédateurs. Les prédateurs situés en aval de la turbine doivent attraper les saumons avec leurs deux mains- il ne suffit pas de les toucher. Les saumons morts sont escortés par le prédateur et deviennent un élément de la passe migratoire.

REMARQUE : plus tard, les saumons qui auront survécu dans l'océan utiliseront la passe migratoire - ils y passeront - pour retourner à la frayère.

REMARQUE : les prédateurs situés en amont et les personnes qui pêchent dans l'océan doivent emmener les saumons morts à la passe migratoire, ce qui fait régulièrement sortir les prédateurs et les pêcheurs du terrain de jeu et assure un taux de survie plus réaliste.

  1. Une fois rendus dans l'océan, les poissons peuvent être attrapés par les bateaux de pêche. Les saumons doivent aller et venir dans l'océan afin d'amasser quatre jetons. Chaque jeton représente une année de croissance. Une fois qu'un poisson a amassé quatre jetons (quatre années de croissance), il peut entreprendre sa remonte. Un saumon ne peut recueillir qu'un seul jeton à chaque traversée. N'oubliez pas que les saumons doivent traverser tout l'océan pour obtenir un jeton. Les « quatre années » nécessaires pour amasser les jetons rendent les saumons plus vulnérables, donc plus susceptibles d'être attrapés par les bateaux de pêche. Dans cette simulation, ce facteur limitant a pour effet de produire un taux de survie plus réaliste, avant que les saumons n'entreprennent leur remonte.
  2. Une fois qu'ils ont amassé quatre jetons, les saumons peuvent commencer leur montaison Il leur faut franchir la passe migratoire intégralement. Ce passage donne aux élèves une idée du nombre d'embûches que comporte le voyage de retour. Dans la passe migratoire, les prédateurs ne peuvent pas s'en prendre aux saumons.
  3. Une fois qu'ils ont franchi la passe migratoire, les saumons doivent sauter par-dessus la chute. La chute représente l'un des obstacles naturels que le saumon doit franchir lors de sa remonte. Veillez à ce que la distance à sauter représente un défi tout en demeurant réaliste. Ce sont les élèves qui actionnaient la turbine qui seront chargés de surveiller le saut. Les saumons doivent franchir toute la largeur de la chute afin de pouvoir poursuivre leur remonte. Lorsqu'un saumon rate son saut, il doit retourner au début de la passe migratoire et la franchir de nouveau. REMARQUE : lorsque le jeu se déroule à l'intérieur, le saut de la chute peut être remplacé par un saut par-dessus des pierres de gué, représentées par des carrés définis au moyen de ruban cache (pour plus de sécurité sur les planchers durs).
  4. En amont des chutes, les deux prédateurs qui, au début de la simulation, se trouvaient en aval de la chute, constituent maintenant le dernier facteur limitant auquel les saumons doivent faire face. Ils représentent des ours - un exemple de prédateurs. Rappelez-vous que les prédateurs doivent attraper les saumons avec les deux mains. Lorsqu'ils en attrapent un, ils doivent reconduire l'élève ainsi pris à la passe migratoire, pour qu'il en fasse partie.
  5. L'activité prend fin si tous les saumons meurent avant d'avoir pu rejoindre la frayère, ou lorsque tous les saumons ayant survécu ont atteint la frayère.
  6. Engagez ensuite la discussion avec les élèves. Examinez certains des sujets suivants :
    • le taux apparent de survie et de mortalité des saumons
    • les sentiments éprouvés par les élèves au cours de l'activité
    • le rôle des obstacles
    • le rôle des prédateurs et des pêcheurs .l'endroit où les pertes ont été les plus élevées
    • l'endroit où les pertes ont été les moins élevées
    • si tous les oeufs déposés réussissaient à faire le voyage, quelles en seraient les conséquences ?
    • les éléments de la simulation qui semblaient réalistes et ceux qui ne le semblaient pas.

 

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