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Menace humaine de près et de loin
Malgré l’importance connue de leurs valeurs pour l’être humain et la faune, les habitats côtiers et estuariens sont constamment menacés par nos activités quotidiennes, peu importe si nous habitons près de la côte ou à des milliers de kilomètres du littoral.
Exploitation du littoral : Pour satisfaire notre désir d’habiter sur la côte et d’y exercer des activités commerciales et récréatives, nous avons transformé de grandes superficies d’habitats fauniques importants en habitats pour l’être humain. Résultat : les plages et les dunes sont devenues des terrains privés et des centres de villégiature, les estuaires sont devenus des ports et des voies maritimes, les terres humides sont devenues des yatch-clubs et des terres agricoles. En Nouvelle-Écosse, près de la moitié des marais salés ont été modifiés ou détruits. Cette perte s’élève à 80 p. 100 le long de la baie de Fundy.
Nous tentons de protéger les ports et d’améliorer l’accès des navires aux eaux profondes en construisant des brise-lames et des quais qui s’étendent vers la mer. Ces ouvrages massifs modifient les courants marins et peuvent altérer la teneur en sel et en substances nutritives des habitats voisins, causant du tort aux peuplements végétaux. Dans les marais salés, par exemple, les plantes d’eau douce comme les quenouilles et les salicaires envahissent l’habitat des plantes plus productives comme la spartine. Cela réduit considérablement la diversité et la productivité de ces habitats humides.
Utilisation abusive pour les loisirs : Même si nous utilisons les habitats côtiers et estuariens pour des activités récréatives comme l’observation des oiseaux et l’étude de la nature, il nous arrive parfois d’endommager ces habitats et de perturber la faune. Les véhicules tout-terrain et nos propres pieds peuvent entasser le sol des terres humides, piétiner les plantes délicates des plages et des dunes et perturber la chaîne alimentaire là où elle commence. Notre présence sur les plages des océans, durant l’été, nuit considérablement aux pluviers siffleurs qui préfèrent la tranquillité lorsqu’ils nichent et élèvent leurs petits dans le sable.
Récolte excessive : La récolte excessive de certaines espèces comme les néréides (vers servant d’appât) dans les vasières peut perturber la vie dans ce milieu et, selon la saison, nuire à l’utilisation des vasières par les oiseaux de rivages. Les algues qui s’accrochent aux roches et forment une forêt sous-marine le long de la côte de l’Atlantique servent de nourriture et d’abri à de nombreuses espèces marines. Toutefois, on récolte ces algues qui servent d’engrais agricoles, d’aliments pour le bétail et d’agents épaississants qu’on retrouve dans beaucoup d’aliments comme la crème glacée.
Changement climatique planétaire : Les bas fonds, les marais salés et les plages – en fait tous les habitats côtiers marins – sont particulièrement sensibles au changement climatique planétaire. Certains ont déjà sonné l’alerte à propos des changements des niveaux de la mer qui pourraient inonder de façon permanente ces endroits peu élevés. Nous sommes déjà témoins d’une fréquence accrue de tempêtes violentes et des dommages côtiers qui en résultent. De nombreux scientifiques sont d’avis que cette augmentation est liée aux activités humaines comme la combustion de combustibles fossiles pour le transport.
Déversements d’hydrocarbures : Tous ces écosystèmes côtiers sont très vulnérables aux marées noires qui détruisent les habitats et la faune. La soif de notre société pour une source d’énergie plus commode a entraîné une augmentation du transport maritime d’hydrocarbures sur les côtes du Pacifique et de l’Atlantique, multipliant les possibilités d’accidents mortels. Les loutres de mer, les phoques et les oiseaux de mer sont souvent victimes des marées noires.
Déchets et détritus : Même les simples déchets – des choses que nous jetons négligemment par terre – peuvent enchevêtrer ou étouffer des espèces sauvages comme les phoques, les tortues de mer et les oiseaux marins. Certains détritus sont rejetés directement des navires, tandis que d’autres sont acheminés vers la mer par les cours d’eau qui traversent nos collectivités à l’intérieur des terres.
Pollution par des produits chimiques : Les produits chimiques que nous utilisons sur nos pelouses, les nettoyants ménagers que nous versons dans les tuyaux d’évacuation et les engrais que nous épandons sur nos cultures finissent tous par se retrouver dans nos habitats estuariens et côtiers. Ils s’accumulent dans ces habitats et causent des maladies, des difformités et même la mort d‘espèces marines. Les animaux qui filtrent leur nourriture des eaux de la mer, comme les moules et les huîtres, sont les plus vulnérables aux effets immédiats de ces toxines. Avec le temps, ces substances chimiques atteignent des concentrations mortelles chez les animaux au sommet de la chaîne alimentaire comme les phoques et les baleines.
Pollution par des eaux usées : Les eaux d’égout qui se déversent dans les habitats côtiers font du tort à la qualité de l’eau, à la santé des animaux et des êtres humains et à l’économie. En plus des bactéries nuisibles qu’elles contiennent, les eaux usées stimulent la croissance excessive des plantes et causent un déséquilibre de la chaîne alimentaire. Les organismes microscopiques ne parviennent pas à manger les matières végétales trop abondantes et en peu de temps, les plantes mortes et en décomposition consomment l’oxygène dissous dans l’eau. Tout changement soudain d’un habitat a des répercussions défavorables sur les espèces qui y vivent.