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Paysages côtiers
Marais salés : Les marais salés sont des terres humides ressemblant à des prairies de « foin de mer » qui se forment le long des rivages côtiers et dans les endroits peu profonds des estuaires. La côte de l’Atlantique compte de nombreux marais salés qui bénéficient des substances nutritives apportées par les marées, les vagues et les bassins versants des environs. La plante la plus commune des marais salés est la spartine (alterniflore ou étalée). Cette plante robuste forme des réseaux de racines denses et survit très bien à la submersion en eau salée. Elle a la capacité d’excréter l’excédent de sel par ses glandes. Cette plante est la principale productrice des marais salés, alimentant des réseaux trophiques complexes. Les champignons et les bactéries décomposent la matière organique en substances nutritives qui sont, à leur tour, mangées par des organismes filtreurs comme les vers et les mollusques. Les poissons mangent ces organismes filtreurs, puis les oiseaux et les mammifères mangent les poissons.
En plus d’être des habitats productifs sur le plan biologique, ces terres humides jouent d’autres rôles très importants :
- Les terres humides côtières servent de zones tampons naturelles, absorbant l’énergie des grosses vagues et des tempêtes qui pourraient détruire les rivages, les routes et d’autres terrains.
- Les terres humides sont des filtres naturels. Elles éliminent les toxines et les déchets chimiques des eaux côtières. Les plantes des marais salés comme la spartine alterniflore et la spartine étalée (Spartina alterniflora et Spartina patens), épurent et filtrent une partie des détersifs, peintures, pesticides, herbicides et eaux usées qui ont été déversés dans l’environnement, sur tout le territoire des bassins versants.
- De nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs fréquentent les terres humides côtières pour se reposer, se nourrir et faire une halte pendant leurs voyages transcontinentaux.
Vasières et bas fonds sablonneux : On retrouve des vasières et des bas fonds sablonneux le long de tous les littoraux, certains pouvant s’étendre sur plus d’un kilomètre à marée basse. Ces habitats semblent souvent abandonnés et sans vie, mais en observant de plus près, on aperçoit des milliers d’organismes par mètre carré – sans utiliser un microscope ! Les mollusques, les vers et les amphipodes tubicoles sont des sources alimentaires importantes pour des millions d’oiseaux de rivage. Les vasières de la baie de Fundy accueillent de 50 à 95 p. 100 de la population mondiale de pluviers semipalmés chaque année, lorsque que vient le temps de faire le plein durant la migration.
Les bas fonds sablonneux et les vasières fournissent de la nourriture à de nombreuses autres espèces – y compris l’être humain. Les vasières sont d’importants habitats pour de nombreuses espèces de poissons qui viennent s’y nourrir à marée haute. De nombreuses espèces d’oiseaux de rivage migrateurs, comme le pluvier semipalmé, font halte dans les vasières pour se reposer et se nourrir durant leurs voyages transcontinentaux. Les vasières fournissent de la nourriture et des emplois aux gens qui font la récolte des moules, des myes, des vers appâts, de l’alose savoureuse et du bar rayé.Rivages rocailleux : Les rivages rocailleux se sont formés par des processus géologiques, comme l’activité glaciaire et les séismes, et continuent d’être sculptés par l’action du vent et des vagues. Le vent, les vagues, la glace, le sel et la température jouent tous un rôle dans la fragmentation des roches en éléments minéraux.
Pour faire face à l’action des vagues déferlantes et aux variations des niveaux d’eau causées par les marées, les plantes et les animaux qui y habitent doivent trouver un moyen de demeurer en place dans un milieu rocailleux. Comme il n’y a pas de vase ou de sol pour prendre racine ou s’enfouir, les plantes et les animaux ont adopté des moyens uniques pour s’ancrer. Les algues se fixent aux roches au moyen de crampons ressemblant à des racines. Certains animaux sécrètent des substances adhésives qui leur permettent de s’accoler aux roches tandis que d’autres se servent d’un grand « pied » musculaire.
Les zones intertidales des rivages rocailleux sont particulièrement inhospitalières. C’est là que les espèces doivent survivre lorsqu’elles sont submergées pendant plusieurs heures sous les vagues, puis exposées à l’air libre après le retrait de la marée. Ces endroits sont excellents pour l’exploration, à marrée basse. Vous pourriez trouver des anémones de mer, des crabes, des moules, des huîtres, des buccins, des étoiles de mer, des oursins de mer et une foule d’autres créatures.
Les rivages rocailleux sont importants pour de nombreuses raisons, notamment :
- L’action des vagues fragmente les roches et ajoute des minéraux à l’eau – substances nutritives propices à la croissance des plantes.
- Les rivages rocailleux fournissent de la nourriture à l’être humain. Par exemple, les algues, les moules et les oursins sont récoltés directement des roches.
- De nombreuses espèces de plantes et d’animaux habitent sur les rivages rocailleux. Certaines espèces, comme le bigorneau, y vivent toute l’année. D’autres, comme l’arlequin plongeur, n’y passent qu’une partie de l’année tandis que certains poissons comme le hareng vivent ailleurs, mais visitent ces rivages régulièrement pour se nourrir.
Plages sablonneuses et dunes : Les plages côtières nous offrent un accès à l’océan. En plus d’être des endroits très fréquentés par l’être humain, ces écosystèmes fragiles sont l’habitat d’espèces végétales et animales robustes.
Le sable de la plupart des plages qui existent de nos jours provient de l’érosion glaciaire, dont les forces ont brisé les roches en petites particules, il y a des milliers d’années. Lorsque les glaciers ont fondu, les rivières glaciaires ont transporté les particules de sable sur la côte, formant ainsi des plages. De nos jours, le vent, les vagues, la glace et la pluie déplacent et sculptent le sable, de sorte que les plages sont en perpétuel mouvement. Les dunes se forment au-delà des plages, à mesure que le sable s’assèche et qu’il est emporté par le vent. Lorsque le sable sec est déposé hors de portée des vagues, il s’accumule et forme des crêtes. Sous l’influence du vent, les dunes ont parfois tendance à se déplacer.
Ce n’est pas facile pour les plantes de s’enraciner dans les dunes, un milieu sec et instable. Les plantes qui y parviennent doivent pouvoir retenir l’humidité dans un milieu sec. Elles se sont adaptées par des moyens ingénieux. Certaines ont des feuilles coriaces, petites, cireuses, velues et même épaisses pour réduire la perte d’humidité. D’autres ont de très longues racines ou ont la capacité d’absorber l’humidité des embruns.
Les plages et les dunes sont d’importantes aires d’alimentation et de repos pour les oiseaux de rivage, en particulier durant la migration. En outre, ce sont des habitats de nidification pour beaucoup d’oiseaux comme le pluvier siffleur, le chevalier grivelé, la sterne pierregarin, le harle huppé et plusieurs espèces de goélands.Tourbières côtières : Les tourbières côtières sont des terres humides peuplées d’une végétation rabougrie sur une base de tourbe. Ces habitats sont peu favorables à la croissance des plantes en raison de l’acidité et de l’apport limité de substances nutritives. Certaines plantes carnivores, comme la sarracénie pourpre, comblent leurs besoins alimentaires en capturant des insectes.
Les bogs (tourbières ombrotrophes) sont plus acides que les fens (tourbières minérotrophes), et les espèces végétales qui y poussent sont différentes. La sphaigne est la plante la plus commune des bogs, tandis que le carex domine les fens. Les grandes étendues de bogs et de fens s’appellent des muskegs. Les tourbières côtières se trouvent principalement dans le nord du pays. Celles de la baie James et de la baie d’Hudson sont immenses, tandis que celles de la côte Atlantique sont moins vastes.
Comme toutes les terres humides, ces tourbières sont des zones côtières importantes fréquentées par les oiseaux migrateurs, le vison, la loutre et l’orignal. Comme les marais, les tourbières filtrent les toxines et éliminent les déchets chimiques des eaux côtières.