Éducation-océan
Notes à l'intention des enseignants
Ces notes vous donneront des renseignements généraux
sur les principes écologiques et les problèmes
de conservation touchant les océans.
Biodiversité
Biodiversité signifie « diversité
biologique », ou variété de choses
vivantes. On décrit habituellement la biodiversité
en trois volets : la diversité génétique,
la diversité des espèces et la diversité
des écosystèmes. On retrouve la biodiversité
génétique au sein de chaque espèce ou
population. Une espèce ou une population diverse sur
le plan génétique comptera des membres qui présentent
une gamme étendue de caractéristiques. Une diversité
génétique étendue est ce qui permet à
une espèce de s'adapter aux conditions changeantes
au fil du temps. On entend par diversité des espèces
la variété des espèces qu'on retrouve
dans un endroit particulier. Cela permet d'avoir un réseau
trophique plus complexe et, par conséquent, des écosystèmes
plus résilients, puisque les bêtes pourraient
avoir plusieurs choix de sources de nourriture. On entend
par diversité des écosystèmes la variété
des écosystèmes sur Terre. Plus la variété
des écosystèmes est grande, plus la variété
des formes de vie qui peuvent y habiter est grande.
Écosystèmes
Les écosystèmes comprennent les éléments
vivants et non vivants d'un lieu, ainsi que les interactions
entre ces éléments. Les éléments
vivants d'un écosystème se composent de micro-organismes,
de plantes et d'animaux (y compris les êtres humains).
Les éléments non vivants comprennent les minéraux,
le sol, l'eau et ainsi de suite. Les processus vitaux comme
le cycle de carbone, le cycle de l'eau et le cycle de l'énergie
font également partie d'écosystèmes sains.
Les écosystèmes peuvent être de dimensions
microscopiques ou énormes. Les écosystèmes
de plus grandes tailles comprennent des plus petits écosystèmes.
Par exemple, on peut dire que les océans de la Planète
forment un énorme écosystème, et que
les océans Pacifique, Atlantique et Arctique sont des
écosystèmes plus petits qui en font partie.
On pourrait aussi reconnaître que les récifs,
les estuaires, les marais salés et les plages de la
Planète sont tous des écosystèmes distincts.
Habitat
L'habitat est le lieu où vit un animal ou une plante.
Tous les organismes, y compris les êtres humains, ont
besoin d'un habitat qui leur convient pour survivre. Les quatre
principaux éléments de l'habitat sont la nourriture,
l'eau, l'abri et l'espace. Les éléments de l'habitat
pour un organisme océanique peuvent être très
particuliers et éloignés les uns des autres.
Par exemple, la grue blanche d'Amérique a besoin d'aires
de nidification dans la toundra du Nord canadien durant l'été
et de marais côtiers le long du Golfe du Mexique durant
l'hiver. Elle a aussi besoin de sites d'alimentation et de
repos durant le long trajet entre ses aires de nidification
et d'hivernage. C'est pour cette raison que les terres humides
des prairies sont des habitats importants pour cette espèce
et que les collectivités humaines des prairies qui
protègent les milieux humides font partie d'une collectivité
océanique en santé. Les tortues de mer passent
la majorité de leur vie en haute mer, mais sans les
plages protégées où elles pondent leurs
oeufs, elles ne peuvent survivre. De nombreux animaux marins,
y compris les poissons, dépendent des habitats côtiers
pour répondre à la totalité ou à
une partie de leurs besoins. Malheureusement, ces endroits
de l'océan sont les plus touchés par la pollution
et les exploitations d'origine humaine.
Collectivités naturelles
Les collectivités naturelles sont des collections
de choses vivantes qui partagent le même espace. Les
plantes, les animaux et les micro-organismes qui habitent
dans des collectivités naturelles ont tendance à
dépendre les uns des autres, directement ou indirectement.
Par exemple, les ours polaires dépendent directement
des phoques qui constituent la majeure partie de leur alimentation,
et indirectement, ils dépendent des poissons dont les
phoques se nourrissent. Les ours polaires, les phoques et
les poissons font partie d'une collectivité océanique
de l'Arctique.
Bassins hydrographiques et bassins versants
Toutes les terres sont drainées par des réseaux
qu'on appelle bassins hydrographiques, comprenant des ruisseaux,
des lacs, des terres humides, des rivières et des fleuves
qui finissent par se déverser dans l'océan.
Les bassins versants locaux coulent ensemble et peuvent être
considérés comme des bassins plus grands au
niveau régional. Les bassins versants du Canada sont
organisés en cinq principaux bassins hydrographiques,
dont les frontières sont déterminées
par l'étendue d'eau salée dans laquelle ils
s'écoulent : le Pacifique, l'Atlantique, l'Arctique,
la Baie d'Hudson et le Golfe du Mexique.
Estuaires
Les estuaires sont des lieux où l'eau douce des fleuves
et des rivières entrent en contact avec l'eau salée
des océans. Le mélange de ces eaux et les rythmes
quotidiens des marées montantes et descendantes créent
des conditions uniques qui sont propices à la croissance
rapide des plantes. Les estuaires sont des habitats critiques
pour une riche diversité d'espèces. Les longues
côtes du Canada sont bordées de milliers de cours
d'eau de toutes les tailles, passant du plus petit ruisseau
côtier au majestueux fleuve Saint-Laurent. L'ensemble
des estuaires, petits et grands, forme un important atout
écologique pour le Canada. Malheureusement, nos zones
côtières, en particulier nos estuaires, sont
de plus en plus perturbées par les exploitations humaines.
Bioaccumulation dans les réseaux
trophiques
Certains poisons chimiques s'accumulent dans les espèces
sauvages. Les scientifiques ont découvert ce phénomène
appelé « bioaccumulation » lorsqu'ils
ont remarqué que la concentration de certains produits
chimiques dans le corps d'animaux était considérablement
plus élevée que celle du milieu environnant.
Ces teneurs étaient les plus élevées
au sommet du réseau trophique. Plus il y avait de «
maillons » dans la chaîne alimentaire, plus
la teneur en poisons chimiques était élevée.
De nombreux produits chimiques sont emmagasinés dans
les tissus adipeux et éliminés par les animaux
beaucoup plus lentement qu'ils ne sont consommés. Au
cours de sa vie, un animal accumulera des poisons chimiques
dont la teneur est beaucoup plus élevée que
celle qu'on retrouve dans son environnement. Cette bioaccumulation
se produit à chaque palier successif du réseau
trophique. Les prédateurs, comme les ours polaires,
les aigles et les êtres humains, sont au sommet de longs
réseaux trophiques et accumulent parfois dans leur
corps des produits chimiques toxiques dont la teneur est des
centaines de fois plus élevée que celle du milieu
où ils vivent. La bioaccumulation peut causer de très
graves problèmes de santé, y compris le cancer.
Pollution marine
Quatre-vingt pour cent de la pollution marine provient d'activités
humaines terrestres, en particulier des gens et des collectivités,
et non des industries. Les polluants sont acheminés
dans l'océan par les égouts, les cours d'eau
et les courants atmosphériques.
Les eaux usées non traitées ou partiellement
traitées provenant des égouts ménagers
se retrouvent dans les cours d'eau. Le plus grave danger pour
l'être humain est la contamination bactérienne
et virale des fruits de mer, qui peut les transformer en mets
mortels et entraîner la fermeture de l'industrie des
pêches, qui a une grande importance économique.
Les polluants organiques persistants (POP) sont une catégorie
de produits chimiques qui s'accumulent dans le réseau
trophique et causent des tumeurs, des difformités,
la perte de la capacité de reproduction et même
la mortalité des plantes et des animaux, y compris
l'être humain. Notons entre autres le DDT, les BPC et
les dioxines. Les POP entrent dans l'environnement par les
pesticides vaporisés sur les pelouses et les cultures,
ainsi que par les produits chimiques industriels qui s'échappent
des sites d'enfouissement. Ils sont transportés sur
de longues distances par les cours d'eau, les courants océaniques
et l'atmosphère. Les POP font du tort à la faune
des océans comme les bélugas, les poissons,
les phoques et mêmes certaines espèces polaires
comme l'ours blanc.
Les métaux lourds comme le mercure et le cadmium causent
des problèmes similaires à ceux qui sont causés
par les POP. Ils entrent dans l'environnement par les exploitations
minières et les fonderies, par la combustion du charbon
servant à la production d'électricité
et par les procédés industriels des pâtes
et papiers.
Le pétrole et les hydrocarbures sont nocifs pour les
espèces aquatiques s'ils sont ingérés
ou absorbés par la peau. Ils encrassent la fourrure
et les plumes des espèces sauvages et étouffent
les habitats aquatiques et les plages. Les hydrocarbures se
retrouvent dans l'océan à la suite de déversements
de pétrole en mer et d'activités d'origine terrestre,
par l'écoulement des égouts pluviaux. Les collectivités
urbaines rejettent environ 30 millions de litres d'hydrocarbures
dans les écosystèmes aquatiques chaque année,
tandis que les gens déversent nonchalamment de l'huile
usée dans les égouts.
Les débris marins, en particulier les déchets
de plastique, étouffent et enchevêtrent des espèces
sauvages comme les tortues de mer, les baleines, les dauphins
et les phoques. Ces débris entrent dans le milieu marin
lorsqu'ils sont rejetés directement des navires ou
déversés dans les cours d'eau provenant de décharges
mal gérées.
Destruction de l'habitat
La destruction de l'habitat côtier est une situation
de plus en plus préoccupante. À mesure que les
collectivités urbaines s'étendent, les habitats
vulnérables comme les marais salés, les plages
et les estuaires sont transformés pour faire place
à des maisons, des ports et des installations récréatives.
La perte d'habitats essentiels aux migrateurs marins est un
autre danger important. Beaucoup d'espèces migratrices
comme la sauvagine et les oiseaux de rivage utilisent les
terres humides de l'intérieur pour faire escale durant
leur migration. Le saumon remonte les rivières côtières
pour parvenir aux habitats de frai. Souvent, on ne tient pas
compte de l'importance de ces habitats parce que la faune
n'y reste pas longtemps. Par conséquent, nous drainons
les marais pour l'agriculture, nous construisons des barrages
sur les rivières et nous exploitons les rivages pour
y construire des condominiums et des marinas.
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