Éducation-océan
Leçon no 6 : Legs mortel*
Aperçu de la leçon
Sommaire : Les élèves
jouent le rôle d'espèces dans le réseau
trophique de l'océan Arctique afin d'illustrer la bioaccumulation
des contaminants.
Durée : De 45 à 60 minutes
Nombre : Un groupe de 20 à 40
élèves
Matériel : Au moins 40 jetons
par élève (jetons de quatre couleurs différentes)
(billes ou perles de couleur, attaches pour les sacs de pain,
bâtonnets pour le café ou les sucettes glacées);
cerceaux (un pour chaque groupe de 4 élèves);
gobelets en papier, enveloppes ou petits sacs de plastique
(un par élève); brassards ou bandeaux (un pour
chaque groupe de cinq élèves)
Résultats d'apprentissage
Les élèves pourront décrire le phénomène
de la bioaccumulation des contaminants et déceler les
menaces que ce phénomène cause aux collectivités
océaniques, y compris les êtres humains.
Contexte
Un des plus graves problèmes de certains contaminants
est leur tendance à s'accumuler et à causer
des effets toxiques parmi les espèces sauvages. Ce
phénomène, appelé « bioaccumulation »
(voir Notes
à l'intention des enseignants), résulte
du fait que les contaminants acheminés par l'eau,
la nourriture ou l'atmosphère, proviennent souvent
de plusieurs sources. Les contaminants qui s'accumulent le
plus sont ceux qui ne peuvent pas se dissoudre dans l'eau,
mais peuvent se dissoudre dans la graisse et les
huiles, par exemple les dioxines et les BPC. On retrouve un
plus grand nombre de ces contaminants dans les tissus adipeux
comme le foie, que dans les tissus musculaires. Résultat :
les teneurs de certains contaminants sont plus élevées
dans des organismes plus âgés, et à chaque
niveau trophique de la chaîne alimentaire (chaque maillon
de la base jusqu'au sommet), la concentration augmente.
Les écosystèmes de l'Arctique sont particulièrement
vulnérables aux contaminants parce que :
- la biodiversité
y est plus limitée et la capacité de reproduction
d'un bon nombre d'espèces nordiques est faible;
- la longueur des chaînes alimentaires de l'Arctique
les rend vulnérables à la bioaccumulation
et à leur rupture, si un maillon quelconque est endommagé;
- de nombreuses espèces de l'Arctique vivent longtemps,
et la bioaccumulation des contaminants dans ces espèces
peut s'effectuer sur de longues périodes de temps;
- on retrouve un bon nombre de contaminants dans les tissus
adipeux qui, en raison des propriétés de régulation
de température de la graisse, constituent la majeure
partie de la masse d'espèces comme les phoques, les
baleines et les ours polaires, aux niveaux supérieurs
de la chaîne alimentaire de l'Arctique;
- La consommation individuelle d'espèces sauvages
par les êtres humains dans le Grand Nord est élevée.
Des polluants provenant des collectivités de tous
les coins de la Planète sont transportés vers
l'Arctique par l'atmosphère, les rivières et
les océans. Leur transfert de l'eau de mer aux organismes
commence par la contamination des algues de glace ou du phytoplancton,
vivant dans les eaux de surface de l'océan et sur la
glace marine. Les contaminants sont alors transférés
aux paliers suivants de la chaîne alimentaire, à
peu près de la façon suivante : le phytoplancton
est mangé par le zooplancton comme les copépodes,
l'aliment principal de la morue polaire. La morue polaire
est mangée par les phoques annelés, les bélugas,
les narvals et certains oiseaux de mer. Les ours polaires,
au cinquième niveau trophique, se nourrissent principalement
de phoques annelés. Les peuples du Nord, dont la faune
locale constitue la majeure partie de leur régime alimentaire,
se retrouvent en compagnie de l'ours polaire au sommet de
la chaîne alimentaire de l'Arctique.
Marche à suivre
- Expliquez à vos élèves que cette
activité est une simulation d'une partie d'un réseau
trophique de l'océan Arctique. Expliquez comment
fonctionne un réseau trophique et donnez l'exemple
décrit sous la rubrique « Contexte »
qui précède.
- Divisez la classe en deux groupes. Un groupe sera quatre
fois plus important que l'autre (dans une classe de 25 élèves,
il devrait y avoir un groupe de 5 élèves et
un groupe de 20). Le plus petit groupe simulera les morues
polaires. Le plus grand groupe simulera les copépodes.
Remettez aux élèves qui simulent les morues
polaires un brassard ou un bandeau.
- Choisissez une aire de jeu représentant l'habitat
de l'océan Arctique, avec des limites bien définies
comme l'avant-champ d'un terrain de base-ball, un terrain
de basket ou une zone de grandeur similaire ceinturée
d'une corde. Placez cinq cerceaux au hasard dans cette zone.
Éparpillez les jetons de couleur (qui représentent
le plancton) un peu partout dans l'habitat.
- Donnez à chaque poisson un gobelet de papier, une
enveloppe ou un petit sac de plastique qui représente
son estomac.
- Expliquez aux élèves les règles du
jeu suivantes : quand ils sont libérés
dans l'habitat, les copépodes commencent à
manger les jetons de plancton en les mettant dans leur gobelet
(estomac). La morue cherche à capturer des copépodes.
Tout copépode touché par une morue a été
mangé et doit vider tous ses jetons de plancton dans
le gobelet de la morue. Étant donné que les
copépodes sont beaucoup plus nombreux que les morues,
les copépodes capturés restent dans l'habitat
et continuent de chasser du plancton. Une morue doit capturer
au moins un autre copépode avant de pouvoir prendre
le même copépode une deuxième fois.
Les cerceaux dispersés sur l'aire de jeu représentent
des abris pour les copépodes, qui peuvent se cacher
des morues en se tenant debout, les deux pieds dans le cerceau.
Toutefois, un cerceau ne peut abriter que deux copépodes
à la fois.
- Poursuivez le jeu jusqu'à ce qu'il y ait une pénurie
importante de plancton. À ce moment, les élèves
s'arrêteront et trieront les jetons qu'ils ont dans
leur gobelet selon leur couleur.
- Expliquez aux élèves que le plancton peut
être contaminé par une substance chimique toxique
qui se retrouve maintenant dans leur corps. Les jetons d'une
couleur (que vous avez déterminée à
l'avance) représentent cette substance chimique.
Ce contaminant existe dans l'océan depuis longtemps
et a gravi les maillons du réseau trophique. Demandez
aux élèves de comparer leurs jetons et expliquez-leur
que les gros poissons (ceux qui ont consommé le plus
de jetons) contiennent souvent la plus grande quantité
de contaminants. Expliquez que dans l'Arctique, les dioxines
et les BPC sont deux contaminants qui s'accumulent (bioaccumulation)
dans les tissus animaux. Demandez aux élèves
de former des hypothèses sur l'origine de ces substances
chimiques dans l'Arctique.
- Discutez de l'activité, mettant l'accent sur les
points suivants :
- Ces contaminants proviennent des produits utilisés
dans les collectivités humaines et sont transportés
par l'atmosphère, les rivières et les
courants océaniques.
- La bioaccumulation s'effectue lorsque ces substances
s'amplifient à mesure qu'elles gravissent les
niveaux du réseau trophique.
- Ces contaminants menacent la santé des animaux
situés près du sommet de la chaîne
alimentaire (y compris l'être humain).
- Les collectivités de l'Arctique sont très
vulnérables en présence de ces contaminants.
Évaluation
Demandez aux élèves de dessiner un « graphique
d'acheminement » suivant le trajet d'un contaminant
dans le réseau trophique et d'expliquer la raison des
différentes quantités de contaminants à
chaque palier.
*Cette leçon a été adaptée
des activités d'apprentissage présentées
dans les guides d'activité Atout-faune et Petit poisson
deviendra grand !.
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